Ishtar est la personnalité féminine la plus importante du panthéon assyro-babylonien, sinon dans les hiérarchies syncrétiques artificiellement dressées par les scribes, du moins dans la réalité des pratiques et de la sensibilité religieuses des Mésopotamiens : c'est qu'elle est à la fois l'amante passionnée ou consolatrice et la guerrière qui se plaît aux massacres, au point que ce nom propre finit par signifier simplement « déesse ». Ishtar peut bien n'avoir pas été originellement le contretype sémitique de la sumérienne Inanna, mais, devant des données obscures et confuses, on peut tenir ces deux figures divines pour identiques ; les Mésopotamiens eux-mêmes leur attribuèrent le même idéogramme : la moitié d'une porte en roseau, ouverture (encore traditionnelle en Iraq) de ces halles de roseaux tressés où l'on mettait à l'abri les dattes et les produits des laiteries.
Par une étymologie seconde, Inanna aurait été comprise comme la Dame (In) du ciel (An) ou du dieu An d'Uruk, dont elle est tantôt la fille tantôt l'épouse ; elle sait manifester son attachement à sa cité : ainsi dérobe-t-elle à Enki les décrets divins qui, rapportés dans sa ville, en firent la première du mo […]
