La mise au jour de la ville de Mari, dans l'est de la Syrie actuelle, est un temps fort de la recherche archéologique conduite depuis un siècle et demi dans le bassin syro-mésopotamien. Son urbanisme, ses monuments, ses œuvres d'art et ses archives font de la cité mésopotamienne, véritable site de référence pour toute étude portant sur cette période, une pièce maîtresse de notre connaissance du IIIe millénaire et du début du IIe au Proche-Orient.
Au cours de sa brève histoire – à peine plus de mille ans –, Mari a exercé un contrôle fructueux sur l'immense trafic reliant deux régions d'économie complémentaire ; mais les fluctuations économiques et historiques au IIIe millénaire ont scindé son histoire en trois grandes séquences très différentes les unes des autres, séquences révélatrices de contextes géopolitiques spécifiques. Que les échanges aient été pacifiques ou guerriers – la conquête et la formation d'empires est aussi une façon de résoudre les problèmes économiques – Mari s'est toujours trouvée à la charnière des trois pôles qui ont structuré le monde syro-mésopotamien des premières cités. Lorsque les circonstances étaient favorables et les échanges actifs, Mari contrôlait le commerce et s'enrichissait ; lorsque les échanges marquaient le pas parce que l'un des trois pôles était en crise, les deux autres entraient à leur tour en récession, et Mari, perdant ses ressources en même temps que sa raison d'être, connaissait une phase d'abandon ; puis elle finit par disparaître.
Les fouilles récentes ont mis en évidence l'existence à Mari de phases d'atonie (fin de l'époque d'Agadé et début des Shakkanakku) et même d'abandon (fin du Dynastique archaïque II-courant du Dynastique archaïque III, probablement). Comme celles-ci ne peuvent se comprendre que dans un cadre général, il faut les replacer dans le contexte politique de l'ensemble du Proche-Orient ; si un affaiblissement des relations se comprend aisément dans le contexte qui voit la disparition de l'empire d'Agadé sous […]
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