Contemporain du grand penseur et homme politique juif Saadia Gaon (892-942) et éclipsé par sa gloire, Isaac Israeli (en arabe : Isḥāq ben Sulaymān al-Isrā‘īlī) n'en a pas moins exercé une influence remarquable et durable aussi bien à l'intérieur de la communauté juive qu'au sein de l'islam et du christianisme. Ses traités de médecine sont cités avec respect et admiration et ont fait autorité jusqu'au xvie siècle. Ses travaux philosophiques semblent avoir eu moins de portée, et Maimonide, tout en rendant hommage à la maîtrise médicale d'Isaac Israeli, met en doute sa compétence et son originalité philosophiques.
Ce jugement défavorable est dû au fait, sans doute, qu'Isaac Israeli était un philosophe éclectique plutôt qu'un penseur systématique. Néanmoins, il est souvent cité par les plus grands théologiens chrétiens du Moyen Âge, notamment par Albert le Grand et Thomas d'Aquin ; ses œuvres, rédigées en arabe, ont en effet été traduites très tôt en latin par le moine Constantin l'Africain, de Carthage, en 1087. Dans toutes les histoires de la philosophie juive, son nom ouvre la liste des grands penseurs juifs du Moyen Âge.
Les détails de la vie d'Is […]
