Lorsqu'il arriva à Salerne en 1076, Constantin était auréolé d'une légende facilement greffée sur une vie d'aventures : né à Carthage, il serait allé jusqu'aux Indes, mais séjourna réellement en Syrie, en Égypte, en Éthiopie et à Bagdad, apprenant le grec, l'hébreu, l'arabe, le latin, le syriaque, le persan, étudiant la grammaire, la géométrie, l'arithmétique, la musique, l'astronomie, la médecine. Après tant d'années consacrées aux voyages et à l'étude, et durant lesquelles il gagna sa vie en vendant des remèdes de sa composition, il regagna sa ville natale mais, pris pour un magicien, il fut pourchassé et ne dut la vie qu'à la fuite.
L'école de Salerne, accueillante aux esprits de tous les horizons, lui offrit une chaire, mais Constantin préféra la solitude du monastère du Mont-Cassin où il se retira après sa conversion au catholicisme. Retraite studieuse puisque, l'un après l'autre, parurent des traités de médecine, certains traduits du grec, mais la plupart signés de Constantin, et qui soulevèrent une intense admiration. Quelle que soit la matière traitée, soit la diététique (De victus ratione variorum morborum), les fièvres (De febribus), les urines […]
