L'austérité, l'amour de la solitude et du travail sont les traits dominants de la personnalité de Mohammed Bou Kharouba (devenu dans la clandestinité le colonel Houari Boumediene, « grand vieux jeune homme mince et fin »), qui assume, après l'éviction de son rival Ben Bella, le 19 juin 1965, les triples fonctions de président du Conseil de la révolution (chef de l'État), de président du Conseil des ministres et de ministre de la Défense. C'est au Caire, où, après des études à l'université d'El-Azhar, il était instituteur, qu'il rejoint Ben Bella au début de l'insurrection algérienne (fin 1954). Chargé par le Front de Libération nationale (F.L.N.) de convoyer le matériel militaire d'Égypte vers les frontières algéro-marocaines, il débarque clandestinement sur une plage d'Oranie en 1955. Chef de la wilaya V (Oranie) en 1957, puis chef de l'état-major de l'Armée de libération nationale (A.L.N.) à Tunis (1960), il met en place l'« armée des frontières » depuis son P.C. de Ghardimaou où Mao Zedong et Fidel Castro sont les maîtres à penser. Le Gouvernement provisoire de la République algérienne, qu'il inquiète, le destitue en juillet 1962, mais il s'allie à Ben Bella, qui vient de sup […]
