3. Le marché des horoscopes
La consommation d'astrologie est très inégalement répartie dans la population française. Les différenciations qu'on peut observer sont révélatrices de la nature du phénomène.
Deux sondages de l'I.F.O.P., commandités par France-Soir en 1962 et en 1963, fournissent à ce sujet d'intéressantes données. On ne s'étonnera pas de constater que les femmes manifestent plus souvent que les hommes une attitude favorable à l'astrologie. Plus surprenants seront sans doute les traits qui confirment l'hypothèse du caractère « moderne » du phénomène : les attitudes favorables sont d'autant plus répandues que la personne interrogée est plus jeune et habite une plus grande agglomération ; elles sont moins fréquentes dans les milieux agricoles. D'ailleurs, à cette époque, la proportion d'exemplaires comprenant des horoscopes est plus forte dans la presse quotidienne de Paris que dans celle de province. C'est dans les milieux d'employés que l'astrologie est le plus en vogue ; par exemple, la lecture régulière ou occasionnelle des horoscopes y est attestée à 72 p. 100 contre 57 p. 100 chez les commerçants et 37 p. 100 chez les agriculteurs. On peut reprendre ces données dans le tableau qui indique la proportion des personnes présentant à la fois les trois caractéristiques suivantes : elles connaissent leur signe, lisent l'horoscope au moins de temps en temps et disent qu'il y a une part de vérité dans les traits de caractère attribués aux individus par l'astrologie.
Un sondage réalisé par la Sofres en août 1981 (pour l'hebdomadaire Bonnes Soirées) sur « les attitudes et opinions du public face aux phénomènes parapsychologiques et paranormaux » comporte des questions sur les horoscopes. La réception régulière (par la lecture des journaux ou l'écoute de la radio) est attestée chez 28 p. 100 des personnes interrogées ; la réception occasionnelle, chez 32 p. 100 ; ces taux atteignent plus du double de ceux qui concernent la pratique régulière ou occasionnelle de la messe dominicale. La
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