L'origine de l'espèce Homo sapiens est généralement située entre 400 000 et 500 000 ans, même si la région où elle est apparue et la population qui lui a donné naissance ne font pas encore l'unanimité parmi les anthropologues.
Il est assez difficile de donner une diagnose simple de cette espèce qui a vu sa morphologie se modifier sensiblement au cours de son évolution. On peut cependant considérer que sa caractéristique première est l'acquisition d'un crâne dont l'architecture générale est semblable à celle de l'homme actuel. La voûte est élevée, le frontal redressé, la région occipitale a en partie basculé vers le bas, si bien qu'elle s'est arrondie, les parois latérales sont parallèles ou divergentes vers le haut. Ces transformations sont liées à l'accroissement du volume du cerveau. La face et les dents continuent à diminuer de taille. À cela il faut ajouter un processus, beaucoup plus tardif, de gracilisation générale du squelette qui s'est manifesté d'abord par une réduction des superstructures osseuses. Plutôt que de caractères il vaut donc mieux parler de tendances évolutives car les premiers représentants de l'espèce ne montrent ces traits qu'à l'état d'ébauches. C'est ainsi que l'on connaît en Afrique avec le crâne de Ndutu (Tanzanie), et en Chine avec celui de Dali, des fossiles de transition entre les Homo erectus et les Homo sapiens. Ils possèdent encore de très nombreux caractères archaïques et une capacité crânienne réduite, mais l'arrondissement général du crâne est déjà perceptible, surtout dans la région postérieure.
Viennent ensuite les Homo sapiens archaïques, c'est-à-dire des fossiles encore très robustes, avec de fortes superstructures osseuses mais dont le crâne est déjà très similaire au nôtre et dont la capacité cérébrale entre dans la variabilité actuelle, même si elle se situe généralement encore au-dessous de la moyenne. On les a découverts en Afrique et en Asie. En Europe, leur présence n'est pas clairement établie et la population archaïque de cette région va suivre une évolution particulière qui aboutira aux Néandertaliens.
Les Homo sapiens archaïques présentent une grande diversité de populations qui se développeront dans tout l'Ancien Monde. Ils vont accroître leur capacité cérébrale et leurs superstructures vont s'atténuer. Vers 150 000 ans on voit apparaître la morphologie moderne qui caractérise notre sous-espèce, Homo sapiens sapiens, et marque la dernière étape de l'évolution d'Homo sapiens.
Bernard VANDERMEERSCH
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