Né à Grand Island (Nebraska), Henry Fonda a vu sa carrière grandir à l'unisson d'autres mythes, portés par la période la plus féconde du cinéma hollywoodien : les années 1930 et 1940. En ce temps-là, les comédies brillaient de l'éclat du propre, le réalisme était tamisé, les bons sentiments glorifiés. C'est dans cette atmosphère de fantaisie légère et de tranches de vies poétisées qu'Henry Fonda, peu à peu, a imposé sa silhouette de chevalier.
Transparent et profond, son regard scrute simultanément l'interlocuteur, le paysage et l'infini. Il n'intimide pas, il fait baisser les yeux, par sa vertu naturelle. La présence d'Henry Fonda inverse les règles du jeu social, elle instaure les lois d'un univers enchanté, anormal, improbable, où le droit prime la force, où la générosité résiste vaillamment et victorieusement aux infâmes manœuvres des lâches et des méchants. Fonda est le symbole d'un monde « de cinéma », d'un antimonde, qui soulage les braves et pauvres gens du poids de leurs misères.
La grande affaire entre Henry Fonda et nous, le vrai procès qui oppose cet homme exemplaire à « la société », c'est la dialectique de la justice, le combat entre l'immanence et la t […]
