Poète, romancier et conteur français, Henri Pourrat ne quittera jamais cette Auvergne où il est né. Malade dès son adolescence, il mène une vie de retraite et se consacre à la littérature. Dans ses poèmes, Les Montagnards (1919), on ressent l'influence très nette de Jammes (pour l'isolement provincial), de Mistral (pour un régionalisme qui va aller en s'accentuant) et de Péguy (pour une certaine pudeur respectueuse des sentiments). Il s'agit d'une chronique en vers, récit de la guerre vécue par les femmes, les vieillards et les enfants du Livradois. Cette poésie, comme dans Liberté (1925), est une sorte de prélude à toute l'œuvre du folkloriste. Son roman Vaillance, Farces et Gentillesses de Gaspard des montagnes (quatre volumes publiés entre 1922 et 1931), qui lui vaudra une certaine notoriété, allie le réel et le merveilleux dans une chaleureuse description de la campagne. Il reprendra ce thème d'une vie dans son accord avec la nature, dans L'Homme à la bêche (1939-1941) et dans Vent de mars (prix Goncourt 1941). D'autres romans, Mauvais Garçon et Monts et Merveilles, déploient plus de fantaisie, et la dimension d'une satire s'y dévoile parfois. C'est bien avec la même foi que le romancier régionaliste écrit les douze volumes du Trésor des contes, publiés de 1948 à 1962. Pourrat y réunit tous les contes qu'il a entendus au cours de longues années de promenades dans la montagne, restituant avec le mystère et le charme des veillées toute la vie dont longtemps ils ont été porteurs, et qui peu à peu se perd. Aussi, les contes sont-ils sans doute la part la plus originale de son œuvre.
Antoine COMPAGNON
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