Trop jeune pour faire partie des fondateurs du groupe Bourbaki, mais trop vieux pour avoir été leur élève, Gustave Choquet est pourtant l'un de ceux qui, après la Seconde Guerre mondiale, modernisent la mathématique et son enseignement. Né à Solesmes (Nord) le 1er mars 1915, il est, dans le domaine de l'analyse mathématique, l'héritier direct d'Émile Borel (1871-1956), René-Louis Baire (1874-1932) et Henri Lebesgue (1875-1941). Professeur à la Sorbonne depuis 1949, il a exercé une très grande influence sur la formation de plusieurs générations de mathématiciens ainsi que sur les réformes qui introduisent les « maths modernes » à l'école.
Choquet s'est toujours aidé de dessins géométriques dans la résolution de problèmes mathématiques. Cette vision directe et géométrique ne l'empêche pas de reconnaître l'utilité d'une approche algébrique et axiomatique. Admis à l'École normale supérieure en 1934, il est séduit par le mode de pensée et d'exposition de Georges Darmois (1888-1960), fortement basé sur l'intuition géométrique. Par ses lectures internationales, il se familiarise avec les évolutions modernes de l'analyse. Il est reçu premier à l'agrégation de mathématiq […]
