D'origine populaire, Guiraut Riquier gagne d'abord sa vie de poète de métier auprès du vicomte de Narbonne Amalric IV et des bourgeois de sa ville. Il passe ensuite en Catalogne, puis à la cour d'Alphonse X de Castille. Vers 1279, il est à la cour du comte Henri de Rodez, un des derniers centres occitans (avec les cours gasconnes d'Astarac et de Comminges également fréquentées par Guiraut) à pouvoir librement cultiver les idéaux troubadouresques. Mais, après la Croisade des albigeois, la civilisation du joi d'amor dépérit. Les influences religieuses orthodoxes, soutenues par l'action inquisitoriale, remplacent l'inspiration de l'amour profane. Guiraut évolue lui-même vers la poésie religieuse. Sentant fort bien que les temps sont changés, il écrit mélancoliquement : « Je suis venu trop tard parmi les derniers » (Mas trop suy vengutz als derriers). On l'a appelé « le dernier des troubadours » : plus exactement, il est le dernier poète de cour d'Occitanie. S'il n'a pu sauver la poésie courtoise, le fait est dû à des raisons sociales et politiques, non à son manque de talent.
Aucun des genres lyriques ne lui est étranger et il excella dans la pastourelle ; i […]
