Privilégiant des expériences éphémères ou encore la forme du happening, l'artiste américain Gordon Matta-Clark n'a essentiellement laissé que des traces de ses actions sous la forme de films, de dessins, de photographies, de blocs architecturés issus de découpes faites dans des bâtiments ou encore résultats d'expériences dignes du « Petit chimiste ». À la confluence de plusieurs courants de l'art de la fin des années 1960 et 1970 comme l'art minimal, l'art conceptuel, le process art ou le land art, auxquels il n'a jamais réellement adhéré, Matta-Clark, comme de nombreux artistes qui lui sont contemporains, est particulièrement attaché au processus de création de l'œuvre. Pour lui, ce n'est pas tant le résultat obtenu que le chemin parcouru qui compte, et ce chemin ressemble à une sédimentation par couches successives.
Gordon Matta-Clark est né en 1943 à New York. Comme son père, le peintre surréaliste Roberto Matta, il suit des études d'architecture, puis opte pour la voie artistique. Il déplore le fait que ce qu'il « étudiait tournait toujours autour d'un tel formalisme de la surface qu['il n'a] jamais eu l'intuition de l'ambiguïté d'une structure, de l'ambiguïté d'un lieu », qualité que justement il recherchait. Car, ajoute-il, « c'est, jusqu'à un certain point, l'aspect que je considère comme sculptural : un processus de transformation énergique qui commence à redéfinir ce qui est donné ».
Dès cette époque, alors qu'il étudie à Cornell University, Ithaca dans l'État de New York, il montre un vif intérêt pour les sciences occultes et pour l'alchimie, comme en témoignent ses lectures. En 1969, il réalise ses premières œuvres empreintes de la volonté de transmuer des objets quotidiens, ses « Photo-fry », qu'il obtient en faisant littéralement frire des photographies recouvertes d'une feuille d'or. Il est alors l'assistant de Dennis Oppenheim pour l'exposition Earth Art, première exposition du Land Art à Ithaca. Là, il rencontre Robert Smithson, qui s'intéresse au processus de la création.
Voya […]
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