
Les activités multiples de l'artiste américain Dennis Oppenheim s'inscrivent hors des catégories traditionnelles de l'art : de façon souvent spectaculaire, elles parcourent le champ du land art, du body art, de la vidéo, de l'installation. Mais surtout elles traitent les systèmes abstraits comme du matériel physique à manipuler.
Né à Electric City, dans l'État de Washington, Oppenheim fait ses études à l'université de Stanford, avant de s'établir à New York. À la fin des années 1960, il entreprend, avec Robert Smithson et Michael Heizer, ses premiers Earthworks : des interventions dans des sites naturels, qui rompent avec l'« objet » d'art et le travail en atelier (Cobalt Vector, 1978, en Californie). Pour ses Body Works, l'artiste, comme Vito Acconci, utilise son corps comme instrument et comme lieu d'une circulation d'énergies (Position de lecture pour une brûlure au 2e degré, performance, 1970). Dans ses installations, qui évoquent la situation critique du créateur, Oppenheim se sert d'un substitut, une marionnette (Attempt to Raise Hell, 1974, Musée national d'art moderne, Paris). Envahissant de plus en plus les espaces où elles sont construites, les installations se muent, depuis la fin des années 1970, en machines énigmatiques, qu'Oppenheim conçoit comme des usines « dont l'esprit serait le haut fourneau » (Exit for the South Bronx, 1979, installation au Kunstverein, Stuttgart). Elles sont faites d'éléments de transition — couloirs, tunnels, rampes — mais, comme le remarque le critique Jean-Marc Poinsot, « rien ne vient, à proprement parler, matérialiser ce qui se produit dans ces étranges lieux [...]. L'interrogation a cédé la place à un pouvoir d'évocation poétique qu'Oppenheim partage avec d'autres artistes américains tels que Nauman, Acconci, Alice Aycock. »
La série des Usines débouche sur celle des Feux d'artifice (1981-1984), l'élément principal de ces installations étant le feu. Dans la série Power Tools, commencée en 1989, il s'agit toujours de « trouver une correspondance d'image », selon l'expression de l'artiste, à « des états psychologiques particuliers ». À partir des années 1980, il s'intéresse à la sculpture environnementale urbaine : Roofs in Cubism (1983-1985) à Berlin, Levitation, Celebration, Separation (1985) à Thiers, une rétrospective, And the Mind Grew Fingers, lui a été consacrée en 1994 au musée d'Art moderne de Villeneuve-d'Ascq. Il a également participé à l'exposition collective L'Empreinte (Centre Georges-Pompidou, Paris, 1997).
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