Pour le public comme pour les historiens du cinéma, le nom de Ginger Rogers reste associé à la dizaine de films musicaux qu'elle tourna avec Fred Astaire, et qui firent d'elle une superstar des années 1930 et 1940. Mais elle fut par ailleurs l'une des reines de la comédie loufoque américaine, genre dans lequel sa blondeur piquante se doublait d'une merveilleuse aptitude au sarcasme et à la bouffonnerie. Elle fut également à l'aise dans le mélodrame, où elle incarnait volontiers la perte de l'innocence, accompagnée d'irrépressibles aspirations romanesques ou sociales.
Née en 1911, à Independence (Missouri), Ginger Rogers, de son vrai nom Virginia Katherine MacMath, est élevée, après le divorce de ses parents, par une mère énergique, Lela Rogers, qui conduira la carrière de Ginger avec une autorité devenue légendaire. Dès l'âge de seize ans, Ginger Rogers gagne un concours de charleston et, très vite, est engagée dans des tournées de music-hall, qui la mèneront à Broadway. À dix-neuf ans, elle crée un spectacle des frères Gershwin, Girl Crazy, qui connaît un grand succès, et fait ses premières apparitions à l'écran : de petits rôles dans des longs-métrages tournés aux studios Paramount de la côte est (Young Man of Manhattan, de Monta Bell, 1930).
Lorsqu'elle arrive à Hollywood, en 1931, elle n'est qu'une starlette parmi d'autres, ce qui ne l'empêche pas de tourner une douzaine de films. Son ami Mervyn LeRoy, alors réalisateur à la Warner, lui permet de décrocher deux rôles, brefs mais marquants, de chorus girl dans 42e Rue (de Lloyd Bacon, 1933) et Chercheuses d'or (de Mervyn LeRoy, 1933). Ce dernier film s'ouvre sur un morceau d'anthologie réglé par Busby Berkeley : We're in the Money, où on la voit entièrement vêtue de pièces d'or. C'est alors qu'on lui demande de jouer les faire-valoir auprès de Dolores del Río et Gene Raymond dans Carioca (Flying Down to Rio, de Thornton Freeland, 1933) ; à cette occasion, on lui adjoint comme partenaire un autre transfuge de Broadway : Fred Astaire. Le film est laborieux, mais le couple enflamme l'écra […]
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