L'œuvre cinématographique de Georges Rouquier est injustement méconnue. Pourtant, I'auteur de Farrebique (1946) et de Biquefarre (1983) a joué un rôle capital dans 1'évolution du cinéma français de l'après-guerre, période bouillonnante et décisive qui, de 1945 à 1958, allait conduire à la formation et à l'essor de la nouvelle vague.
Né à Lunel-Vieil (Hérault) le 23 juin 1909, Georges Rouquier fut d'abord ouvrier typographe, puis linotypiste. À Paris, dans les salles du quartier Latin, il découvre à quinze ans le cinéma soviétique et allemand. Avec une caméra achetée d'occasion et des chutes de pellicule, il réalise son premier court métrage, Vendanges, à dix-neuf ans. Il lui faudra attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour tourner un film singulier, qui va le faire connaître du grand public : Farrebique. On y découvre la vie d'une famille rurale de l'Aveyron au rythme des quatre saisons. Interprété par d'authentiques paysans jouant leur propre rôle, Farrebique est à la fois un documentaire, un film de fiction et un poème. Par la technique du tournage (prises de vues scientifiques de la croissance des végétaux, descripti […]
