Fils de Gaston II ; marié à Agnès de Navarre, fille de Philippe d'Évreux et de Jeanne de Navarre, Gaston Phébus a laissé le souvenir d'un chevalier idéal, courageux au combat, avisé dans sa politique, équitable et sage dans son administration. Le mécénat de ce prince fastueux, amateur de bâtiments et collectionneur averti, n'est pas étranger à une telle réputation. L'homme n'eut cependant pas que des qualités, et ses contemporains réprouvèrent le nombre de ses maîtresses aussi bien que ses emportements : il tua lui-même son fils unique, dans un mouvement de colère. Sa principale vertu politique semble être la prudence avec laquelle il maintint, au cours du conflit franco-anglais, sa relative neutralité. Il fut un temps dans le camp des Valois (1345-1352), puis entraîné en 1360 par un conflit héréditaire avec le comte d'Armagnac, dans une courte rébellion contre le roi ; il se dresse enfin, en 1380, contre l'autorité du duc de Berry, nouveau lieutenant royal en Languedoc (fonction promise auparavant à Gaston Phébus par Charles V mourant). En dehors de ces quelques occasions, le comte de Foix tint sa petite principauté à l'écart des grands conflits et sut profiter de cette neutral […]
