Même s'il n'avait pas obtenu en 2000 le prix Nobel de littérature « pour une œuvre marquée d'une amère prise de conscience et d'une ingéniosité langagière qui a ouvert des voies nouvelles à l'art du roman et du théâtre chinois », Gao Xingjian occuperait une place importante dans l'histoire de la littérature chinoise moderne. Né en 1940, diplômé de la section de français de l'Institut des langues étrangères de Pékin, d'abord interprète et traducteur du français, il commence par écrire de nombreuses pièces de théâtre, dont certaines ont pu être jouées au Théâtre artistique de Pékin. C'est notamment le cas de L'Arrêt de bus (1983) qui constitue une belle satire de la société pékinoise contemporaine, ou encore du Signal d'alarme (1982), qui met en scène, de façon astucieuse et drôle, une fille et des loubards dans un train. Mais la censure n'a pas longtemps toléré de telles impertinences. Installé en France dès 1988, Gao Xingjian n'a pas connu la tragédie de Tiananmen, mais il en a rendu l'esprit dans sa pièce La Fuite (1989), dans laquelle un couple se cache au lendemain du massacre.
Influencé par Beckett, Adamov, Ionesco et Nathalie Sarraute, le th […]
