Pour tenter de dresser d'emblée le tableau composite de ce qu'aura été le parcours de Françoise Dolto, on pourrait souligner notamment : sa résolution à être médecin – d'où elle tirera le sens du corps (et du cœur !) –, sa carrière de psychanalyste – sachant donc le rapport du psychisme au langage dans l'écoute (transférentielle) – et l'engagement chrétien, venant attester de sa sensibilité à la vie de l'esprit.
Médecin (« d'éducation », ainsi qu'elle avait annoncé, étant enfant) puis devenue psychanalyste et s'affirmant chrétienne : cette hâtive trinité introductive permet de faire apparaître quelques-unes des facettes majeures de Françoise Dolto, diverses au point d'avoir pu sembler antagonistes et contradictoires, cela non sans méprises et malentendus, quand il s'agit plutôt de discerner ce que tous ces aspects conjoints en elle impliquent en fait de cohérence dans l'action et d'unité de la pensée.
1. Formation
Nous sommes bien renseignés – par Françoise Dolto elle-même – sur ce que furent les linéaments, y compris infantiles, de son histoire personnelle. Elle estimait en effet qu'il était du devoir éthique de tout psychanalyste de rendre compte, à un certain moment d'aboutissement, de ce qu'avait été son destin, jusqu'à le déterminer à l'engagement dans l'analyse. Et Françoise Dolto n'a pas manqué de se conformer à cette prescription, ce qui l'a conduite à expliciter dans ses ouvrages autobiographiques les lignes de force de sa jeunesse ou les aléas de son entrée dans la vie (par exemple, Enfances, 1986).
Faute d'en reprendre ici le détail, qu'il nous suffise d'en retenir l'impact subi de la névrose maternelle dont la jeune Françoise (alors Marette) aura été une cible privilégiée, au point d'en être durablement contrecarrée dans ses projets. Et l'on peut considérer que la psychanalyse dans quoi elle s'engage ensuite par une cure personnelle, incitée de façon significative par son père, est ce qui lui permet d'échapper aux effets nocifs d'un contexte familial délétère. Elle effectue so […]
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