2. Économie et organisation sociale
La subsistance est fondée sur l'agriculture (manioc, bananes, ignames, maïs, huile de palme et arachides), chaque famille produisant ce qui lui est nécessaire en pratiquant elle-même les différentes cultures. La chasse et la cueillette fournissaient encore récemment une part appréciable de la nourriture. Actuellement, la culture du cacao destiné à la commercialisation est une source de revenus importants.
Les groupements « pahouins » ne se définissent pas par une autorité tribale ou intertribale ; au contraire, une intense rivalité règne entre eux. Le pouvoir réel est exercé par le chef de la famille étendue, laquelle est coextensive à un village. Ce chef n'est pas l'homme le plus âgé, mais le plus apte : les vieux perdent leur autorité quand diminuent leurs capacités. Les patrilignages qui se reconnaissent un ancêtre commun forment un clan exogame, éparpillé en villages éloignés et séparés les uns des autres par des terroirs d'autres clans. Lors de la progression militaire, ces villages étaient fortifiés ; deux rangées de cases contiguës s'ouvraient sur une longue cour intérieure, flanquée, aux extrémités, d'un corps de garde habité par les jeunes hommes célibataires. Le ngil, association rituelle, était un élément de cohésion tribale, interclanique, qui protégeait la société fang contre sorciers et malfaiteurs en démasquant et en punissant ceux-ci sans tenir compte de leur origine ancestrale ; le ngil évitait la vengeance collective des groupes de parenté.
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