Psychiatre français, élève d'Esquirol, dont il est l'assistant à l'hôpital de la Salpêtrière. Bien que Georget soit mort à trente-trois ans — de tuberculose pulmonaire —, son œuvre psychiatrique est considérable. Après un travail inspiré des recherches sur Bichat sur l'étude anatomique des aliénés décédés, il précise, dans son ouvrage De la folie (1820, rééd., Paris, 1972), le domaine de la psychiatrie en l'isolant soigneusement de celui du trouble mental consécutif à des affections organiques, ou « délire aigu » symptomatique. Reprenant la classification nosographique de Pinel, il y apporte davantage de clarté et de précision, en cherchant à distinguer dans la folie, non pas des entités morbides spécifiques, mais plutôt des groupements de symptômes, des syndromes cliniques caractéristiques et facilement reconnaissables les uns par rapport aux autres. Ce sont : l'idiotie, ou insuffisance congénitale du développement intellectuel ; la manie, ou délire général avec excitation ; la monomanie, ou délire partiel, dont l'une des formes est le délire triste, appelé « lypémanie » par Esquirol, mélancolie par tous les auteurs antérieurs ; la démence, ou affaiblissement intellectuel progressif acquis ; la « stupidité » (« idiotisme » de Pinel, « démence aiguë » d'Esquirol), qu'il décrit avec beaucoup de finesse clinique et qui deviendra la « confusion mentale primitive » de Chaslin.
Georget apporte aussi à la psychiatrie judiciaire débutante une contribution méthodologique et clinique importante (Discussion médico-légale sur la folie, 1826). Dans plusieurs études médico-légales sur la criminalité et la liberté morale, il montre bien les limites d'une expertise psychiatrique un peu trop sûre d'elle alors que ses bases scientifiques sont bien fragiles. Il met en garde le public contre le recours à l'internement abusif : « La séquestration des aliénés, telle qu'elle existe aujourd'hui, écrit-il en 1826, pourrait avoir pour un gouvernement despotique de graves inconvénients. »
Très préoccupé par le traitement moral qu'il essaie d'améliorer à la Salpêtrière, tant sur le plan individuel que sur le plan collectif, n'hésitant pas à créer des groupes thérapeutiques avec les malades, il est un des rares, lors de la discussion du rapport de Husson à l'Académie de médecine sur le magnétisme animal, à demander qu'on étudie les phénomènes sans préjugés et en acceptant de croire « que la nature a encore des secrets » qu'on ne peut pour l'instant expliquer. Car il pressent qu'il y a dans l'héritage de Mesmer des possibilités thérapeutiques exceptionnelles.
Jacques POSTEL
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