5. L'éther, réceptacle d'énergie
La notion d'éther allait s'affirmer avec la découverte des actions électromagnétiques.
On peut dire que celles-ci sont révélées le 21 juillet 1820 par la publication des résultats de l'expérience de Christian Œrsted (effet Œrsted) : un courant électrique peut exercer, à travers l'éther, une influence sur une aiguille aimantée. La réciproque de l'effet Œrsted, en admettant qu'elle existât, aurait consisté à créer un courant électrique à partir d'aimants. Bien au contraire, Faraday parvint à montrer, en 1851, qu'une action électrique était produite non par l'existence, mais par la variation d'une action magnétique. Il faut donc que cette « induction » soit emmagasinée par l'éther lui-même qui devient réceptacle de forces et d'énergie.
Ainsi, pour Faraday, l'éther, ayant ce pouvoir, va se comporter comme un ensemble effectif de lignes de force, de tubes de force engendrés par des charges. Ce milieu susceptible d'actions énergétiques, devient un diélectrique, notion qui décrit en somme un milieu matériel, non pas amorphe comme l'ancien éther, mais siège d'une distribution de forces. Dans cette conception, chacune des charges étend son influence à travers l'espace tout entier. Si l'on appelle champ l'action des charges libres et induction l'action des charges liées à la matière, l'éther, support indifférencié du champ et des inductions, semble tout d'abord perdre devant ces notions essentielles une large part de son individualité.
On peut toutefois imaginer que la structure de l'éther est responsable du comportement des tubes de forces. De même qu'une topologie donnée peut engendrer une hydrodynamique déterminée pour un fluide indifférencié, de même on peut supposer que les modèles d'éther expliquent le comportement des lignes de courant.
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