Philosophe de l'école de Mégare, sur l'enseignement duquel nous ne possédons que des témoignages fragmentaires. Comme les autres mégariques, Diodore se situe dans la tradition éléate et cherche, comme Zénon d'Élée, à nier dialectiquement l'existence du mouvement (cf. Sextus Empiricus, Adversus mathematicos, X, 85) : si l'on admet l'existence d'atomes (indivisibles), ces atomes se trouveront en des lieux eux-mêmes indivisibles et ne pourront se mouvoir ni dans le lieu où ils se trouvent (puisqu'ils le remplissent), ni dans un lieu différent (puisqu'ils n'y seront pas encore). Il n'y a donc pas de mouvement, mais mutation brusque, succession d'instantanés (c'est la théorie qu'Aristote critique dans sa Physique, VI, ii, 231 b 18). Le même refus de la notion de virtualité ou de possibilité se retrouve dans le fameux argument imaginé par Diodore, que l'on appelle argument du « dominateur ». Cet argument veut prouver qu'il n'y a que du nécessaire ou de l'impossible. Si je dis : il y aura une bataille navale demain, cette proposition doit être vraie ou fausse. Si elle est vraie, il est nécessaire que cette bataille ait lieu ; si elle est fausse, il est imposs […]
