Écrivain suisse d'expression française en qui Saint-John Perse voyait « une figuration scientifique de l'Homo europeanus », Denis de Rougemont fut l'un des principaux animateurs du mouvement personnaliste et demeure l'un des partisans les plus ardents du fédéralisme européen. Seule, en effet, une Europe fédérée et respectant l'autonomie des régions permettrait, selon lui, de préserver les droits de la personne humaine pour lesquels il a toujours combattu. C'est déjà au nom de la liberté qu'il dénonce, dans Les Méfaits de l'instruction publique (1929) — un pamphlet qu'il rééditera en 1972 « aggravé d'une suite des méfaits » —, les tares de l'école, « distillerie d'ennui » et « machine à fabriquer des électeurs ». Ami d'Emmanuel Mounier, il participe, en 1932, à la fondation des revues personnalistes Esprit et L'Ordre nouveau. Rappelant en outre que « s'engager » ne doit pas être « s'embrigader », il préconise, comme l'indique le titre d'un essai qu'il écrit en 1934, une véritable Politique de la personne, qu'il définira également dans Penser avec les mains (1936). Moraliste et historien de l'amour, il publie en 1939 L'Amou […]
