Athénien, descendant de la famille royale issue de Cécrops, Dédale (de l'adjectif grec daïdalos : artistement travaillé) est l'artiste par excellence, et dans toutes les acceptions de ce terme pour les Grecs : architecte, sculpteur, mais également versé dans les arts mécaniques, alliant en somme le génie esthétique à l'ingéniosité proprement technique. Platon dans son Ménon (97 ac) compare plaisamment les « opinions vraies » aux statues de Dédale, si saisissantes de vérité qu'il fallait, selon la légende, les enchaîner pour les empêcher de s'enfuir. En effet, Dédale symbolisait toute une période pendant laquelle la statuaire s'était affranchie du type rigide issu du xoanon primitif et il passait pour avoir été le premier à représenter l'homme nu autrement que les jambes jointes, introduisant du même coup le sentiment de la vie dans la plastique. Mais ce qui lui a surtout valu l'immortalité, au point que son nom en est devenu commun, c'est la construction en Crète où il avait été contraint de s'exiler à la suite du meurtre de son neveu Talos — rivalité d'artistes ! — du célèbre labyrinthe, le palais-prison du terrible Minotaure. C'est d'ailleurs le même Dédale qui inspira à Ariane, la fille du roi Minos, la non moins fameuse ruse (le fil d'Ariane) qui permit à Thésée, après s'être défait du monstre, de retrouver son chemin. C'est encore grâce à un autre stratagème que Dédale lui-même put s'échapper du « palais de la double hache » où, pour le punir de sa complicité, Minos l'avait fait enfermer en compagnie de son fils Icare : il confectionna pour lui-même et pour son fils des ailes qu'il attacha avec de la cire et tous deux s'envolèrent. Dédale se réfugia alors en Sicile où, poursuivi sans relâche par Minos, il dut d'avoir la vie sauve au roi Cocalos et à ses filles. En l'honneur de son hôte, il construisit, dit-on, de nombreux bâtiments.
Robert DAVREU
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