La renommée d'Ariane, fille de Minos et de Pasiphaé, tient au fil qu'elle remit au héros athénien Thésée lorsqu'il vint en Crète pour combattre le Minotaure et qui lui permit, après avoir tué le monstre, de retrouver la sortie du Labyrinthe construit par Dédale. Comme la Médée de la légende des Argonautes, l'amour, un amour fou conçu dès le premier regard — œuvre sans doute d'Aphrodite, au culte de laquelle son nom est souvent associé —, la fait donc rebelle à son père et traître à sa patrie. Comme l'amante de Jason, elle s'enfuit avec le héros étranger pour échapper à la colère paternelle. Il faut croire cependant que ses charmes, pourtant éblouissants, opérèrent moins longtemps que ceux de la magicienne, puisqu'elle ne parvint pas jusqu'à Athènes : Thésée s'empressa, en effet, de l'abandonner, endormie, sur les rivages de l'île de Naxos, où il avait fait escale. Aimait-il une autre femme, ou bien est-ce plutôt sur l'ordre des dieux et par piété qu'il trahit celle qui n'avait pas hésité à trahir pour lui ? Les traditions divergent. Toujours est-il qu'Ariane est fréquemment nommée « la femme de Dionysos » (Hésiode, Théogonie, 948 ; Euripide, Hippolyte, 339). Ép […]
