Rochefort, un observateur français des indigènes caraïbes des Antilles, baptisa « couvade », au xviie siècle, un ensemble de rites accomplis par le mari pendant la grossesse, l'accouchement de l'épouse et la période post-natale. « Au même temps que la femme est délivrée, note Rochefort, le mari se met au lit, pour s'y plaindre et faire l'accouchée [...]. On lui fait faire diète dix ou douze jours de suite [...]. Et même il s'abstient après cela, quelquefois dix mois, ou un an entier, de plusieurs viandes comme de lamantin, de tortue, de pourceau, de poule, de poisson et de choses délicates : craignant par une pitoyable folie que cela ne nuise à l'enfant. » Et l'observateur précise : « La coutume, [...] bien que sauvage et ridicule, se trouve néanmoins à ce que l'on dit parmi les paysans d'une certaine province de France. Et ils appellent cela faire la couvade. »
Dans « Temps de naître, temps d'être : la couvade », in M. Izard et P. Smith dir., La Fonction symbolique, Gallimard, Paris, 1979), Patrick Menget relève qu'il existe effectivement « des observations sporadiques d'une mise au lit du père dans l'aire du Sud-Ouest français, au pa […]
