Geoffrey Chaucer (1340-1400) est surtout connu par ses Contes, dont la rédaction commence vers 1387. Il a pourtant écrit de nombreuses autres œuvres. Mais la diversité, de fond et de forme, des Contes de Canterbury reflète bien la curiosité alerte de son génie.
À sa mort, Chaucer, âgé d'une soixantaine d'années, laisse les Contes inachevés. On les classe en dix liasses ou « fragments ». Certains se situent facilement : ainsi le prologue général et les quatre premiers contes qui s'annoncent l'un l'autre, ou le dernier « fragment », traité en prose sur la pénitence, conclusion adéquate pour un pèlerinage à Canterbury. La place d'autres fragments pose problème : les transitions entre les contes diffèrent d'un manuscrit à l'autre, et tel conte ne figure pas dans tous les manuscrits.
L'inachèvement des Contes se manifeste par des contradictions. Après avoir pensé attribuer à chacun de ses trente pèlerins en route vers Canterbury deux contes à l'aller, deux au retour. Chaucer a abandonné l'idée d'un retour. Il n'a rédigé qu'un seul conte par pèlerin – et encore pas pour tous. De plus, quel […]
