8. Inoculation à l'homme
Pendant longtemps, on a admis que les sporozoïtes parvenus dans le sang de l'homme pénétraient directement dans les hématies après une période dite d'incubation d'une dizaine de jours. Cependant, les travaux de James et Tate ainsi que ceux de Shortt et Garnham ont montré que le cycle était beaucoup plus compliqué. Les sporozoïtes inoculés par la piqûre de l'anophèle se développent en effet d'abord dans les cellules du parenchyme hépatique où s'effectue la première phase de multiplication asexuée du parasite ; la schizogonie tissulaire, qui dure de sept à huit jours et qui constitue ce qu'on appelle la phase préérythrocytaire correspondant à la période d'incubation de la maladie. Les schizozoïtes produits pendant cette période ont reçu le nom de cryptozoïtes. Leur évolution ultérieure peut se faire selon deux modalités. Certains d'entre eux gagnent la circulation sanguine, pénètrent dans les hématies et y suivent le cycle schizogonique connu depuis longtemps : c'est la phase érythrocytaire qui s'accompagne des fièvres classiques du paludisme.
D'autres sont capables d'envahir de nouvelles cellules hépatiques et de maintenir la schizogonie tissulaire. Il se constitue ainsi de véritables dépôts parasitaires d'où peuvent partir à tous moments dans le sang des « vagues de schizozoïtes ». C'est la phase exo-érythrocytaire, responsable des rechutes du paludisme, qui surviennent notamment dans la fièvre tierce bénigne dont l'agent est Plasmodium vivax.
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