À la fin du xixe siècle, la translation dans l'atmosphère repose encore sur le principe des aérostats : seul un gaz plus léger que l'air peut enlever une machine volante, le poids de l'ensemble étant alors inférieur à celui de l'air déplacé. Pour s'envoler sans le secours du gaz, le véhicule, de poids supérieur à celui de l'air qu'il déplace, aurait évidemment besoin d'une puissance ascensionnelle au moins égale à la différence des deux poids. En l'occurrence, il ne peut s'agir que d'une force mécanique : telle est l'hypothèse que Clément Ader tentera de vérifier avec un moteur à vapeur. Entre 1882 et 1889, Ader construit donc, rue Jasmin, à Paris, un « avion » (le néologisme est de lui) qu'il baptise Éole. Il y installe une chaudière à tubes, pourvue d'un brûleur à alcool, la vapeur devant alimenter deux couples de cylindres (20 ch) qui entraînent une hélice en bambou (4 pales). Deux ailes articulées (14 m), en soie élastique, et recouvrant une armature en bois, constituent une réplique des membranes de la roussette. Le pilote les manœuvre, ainsi que le gouvernail de direction, à l'arrière de l'appareil, par manivelles et leviers. Le fuselage, égale […]
