2. Les transformations du XIIIe siècle
• Vers la tour cylindrique
Enfermés dans le donjon comme dans un vaisseau à l'épreuve des tempêtes, le seigneur et la garnison peuvent soutenir siège et assaut grâce à la massivité de la construction et aux flèches qui dissuadent l'ennemi d'approcher. En fait, la défense, qui s'exerce de haut à partir des archères, des créneaux et des premiers mâchicoulis (Niort, vers 1170), est presque uniquement passive. Aussi les architectes ont-ils cherché non seulement à accroître la résistance des matériaux au choc, mais également à trouver des formes qui éliminent les angles morts. Après maints tâtonnements, dont témoigne le xiie siècle, on s'est arrêté, en France du moins, à la forme cylindrique qui connut un grand succès et produisit des chefs-d'œuvre, tel le donjon de Coucy (diamètre 31 m, hauteur 55 m). Pour éviter les incendies, les étages furent voûtés, et pour faciliter les sorties la porte fut reportée au rez-de-chaussée. Bien adaptée à des fins militaires, la forme ronde l'est beaucoup moins à l'usage d'habitation. C'est pourquoi elle ne fut guère adoptée dans les régions qui demeurèrent fidèles, par archaïsme ou nécessité, au grand donjon résidentiel.
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