Psychologue anglais, célèbre par ses recherches en matière d'analyse factorielle, Spearman travailla avec W. Wundt à Leipzig et fut professeur de 1911 à 1931, à l'University College de Londres. Il publia notamment : The Nature of Intelligence and the Principles of Cognition (1923) ; The Abilities of Man (1927) ; Psychology Down the Ages (1937). Le nom de Spearman reste attaché à la création de l'analyse factorielle des aptitudes, domaine dans lequel s'illustrèrent également Godfrey H. Thomson, Thurstone et sir Cyril Burt. Galton et Pearson avaient fourni à la psychologie quantitative un apport majeur en mettant au point la méthode des corrélations. Celle-ci fut utilisée pour établir les liens statistiques entre diverses variables psychologiques, ces dernières étant représentées, dans la plupart des cas, par les résultats numériques de tests et diverses épreuves psychométriques non verbales. Les psychologues de la première moitié du xxe siècle ont été fascinés par cette méthode et l'ont utilisée dans de nombreuses situations avec la conviction implicite qu'elle permettait de déceler un lien causal entre les variables. Cet élargissement interprétatif est souvent allé de pair avec une confiance quelque peu naïve dans les pouvoirs heuristiques du procédé, au point que certains y virent un substitut de la méthode expérimentale elle-même. Spearman — et c'est là l'originalité de sa contribution — mit à profit au maximum la signification théorique des corrélations, en supposant que, si celles-ci étaient positives en nombre suffisant, elles mettaient en évidence l'action d'un facteur commun à toutes les opérations psychologiques exigées par les tests utilisés. Ce facteur commun, appelé facteur général ou facteur G, fut considéré par Spearman comme l'équivalent de l'intelligence générale. Les développements de cette première forme d'analyse factorielle obligèrent à prendre en considération, outre le facteur G, différents facteurs spécifiques, l'organisation de tous ces facteurs pouvant être conçue selon divers modèles théoriques. L'utilité de principe de l'analyse factorielle est à la fois de détecter les facteurs à l'œuvre dans les résultats de populations particulières de sujets et d'établir dans quelle mesure les tests utilisés sont en effet capables de mettre en évidence l'un ou l'autre des facteurs théoriquement définis (problème de la « saturation » d'une épreuve en facteur G et en facteurs spécifiques d'ordre perceptif, moteurs, etc.).
Georges THINÈS
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