Le cambiste est à la banque ce que le trésorier est à l'entreprise : l'homme de réconciliation des comptes. Son rôle est d'acheter et de vendre très rapidement des devises en essayant d'assurer des gains et de limiter les pertes de change, ou mieux, de ne pas les subir.
Nulle fonction n'a davantage évolué ni pris autant d'importance au sein de la profession bancaire que celle-ci au cours des deux dernières décennies. En effet, par le passé, un employé de banque entrait au service « change » sans vocation ni formation particulière : les risques étaient minimes en régime de parités fixes, et le métier s'apprenait sur le tas. Mais l'environnement monétaire et financier international a dramatiquement évolué : le bouleversement du système monétaire international, avec les variations erratiques de la monnaie dominante — à savoir le dollar — et l'émergence du yen japonais, la crise financière internationale et son corollaire, la montée de l'endettement, le décloisonnement des marchés de capitaux et la désintermédiation bancaire se sont combinés pour remettre complètement en question l'approche de l'activité internationale, la gestion de trésorerie et de financement, et cela aussi […]
