Victoire de l'armée turque sur l'armée européenne des croisés. Elle marqua la fin des efforts internationaux de grande ampleur pour arrêter l'expansion turque dans les Balkans et en Europe centrale.
Quand, en 1395, le sultan ottoman Bayazid Ier, qui régna de 1389 à 1402, mit le siège devant Constantinople, l'empereur byzantin Manuel II Paléologue fit appel aux dirigeants européens pour obtenir leur aide. Le roi de Hongrie Sigismond organisa une croisade en réponse. En juillet 1396, après avoir rejoint Sigismond à Buda, des chevaliers venus de France, de Bourgogne, d'Angleterre, d'Allemagne et des Pays-Bas se mirent en route afin de chasser les Turcs des Balkans et gagner ensuite Jérusalem en passant par l'Anatolie et la Syrie.
Les croisés pénétrèrent sur le territoire turc en août 1396, conquirent les garnisons de Vidin et de Rahova et mirent le siège devant Nicopolis, principale place forte turque sur le Danube. Ils attendirent que la ville se rende. Mais celle-ci disposait de solides fortifications et d'importantes réserves de vivres, et Bayazid quitta Constantinople pour établir son armée sur une colline à plusieurs kilomètres de Nicopolis. Sigismond pressait ses alliés de ne pas quitter leurs positions défensives, mais les chevaliers montèrent à l'assaut de la colline et dispersèrent les premières lignes de la cavalerie et de l'infanterie turques. Cependant, Bayazid les attendait avec un autre contingent de cavalerie, qui avait reçu le renfort de l'armée serbe, et attaqua. Les chevaliers européens, aux lourdes armures, étaient alors trop épuisés pour combattre vigoureusement. Sigismond, dont l'armée n'avait pas participé au combat initial, tenta de venir en aide aux chevaliers ; mais ses contingents valaques et transylvaniens firent désertion, laissant ses troupes hongroises en nombre insuffisant. Les Turcs massacrèrent la plupart des croisés et poussèrent les autres dans le Danube. Malgré la fuite d'une faible partie de l'armée alliée, dont Sigismond, la plupart des survivants se firent capturer et tuer par Bayazid.
Grâce à leur victoire à Nicopolis, les Turcs découragèrent la formation ultérieure d'une coalition européenne contre eux. Ils maintinrent leur pression sur Constantinople, affermirent leur contrôle dans les Balkans et devinrent une menace plus forte pour l'Europe centrale.
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