2. De la Marche à la République
Il n'a jamais existé, avant l'époque contemporaine, de nation autrichienne. Il y eut une succession d'États plus ou moins puissants, plus ou moins étendus, qui ont revêtu les formes suivantes : d'abord Marche orientale de l'Empire germanique (actuelles Haute- et Basse-Autriche), l'Autriche s'identifie ensuite à l'État patrimonial des Habsbourg (xiiie-xve s.) qui devient, de 1526 à 1867, l'un des éléments composant la Monarchie autrichienne (État patrimonial, Bohême, Hongrie). Sous la pression des circonstances, cette Monarchie se transforme, en 1867, en un Empire austro-hongrois qui ne résista pas à la défaite des Empires centraux (1918) et qui donna naissance à divers États successeurs, dont la République autrichienne (comprenant les provinces de Haute-Autriche, de Basse-Autriche, Vienne, Burgenland, Styrie, Carinthie, Salzbourg, Tyrol et Vorarlberg).
• La Marche orientale de l'Empire germanique (Xe-XIIIe s.)
Un des meilleurs historiens de l'Autriche, le bénédictin H. Hantsch, fait commencer l'histoire du pays à la création de la Marche orientale par l'empereur allemand Otton Ier, aussitôt après sa victoire décisive sur les Hongrois au Lechfeld, en Bavière (955). Otton Ier opte en effet pour la création d'une marche frontière et pour le maintien de l'État hongrois qui commence à s'organiser dans la plaine pannonnienne. Cette décision capitale met fin au cycle des grandes invasions qui, depuis un demi-millénaire, avaient submergé le bassin danubien. L'Empire allemand serait désormais protégé par le bastion autrichien et par le glacis hongrois. Le système se révèle efficace contre les Mongols et les Turcs. Cette création politique a valeur de reconstruction : ces contrées de la Norique avaient connu une brillante civilisation à l'époque romaine (sans parler de la civilisation de Hallstatt en Haute-Autriche, au Néolithique). Le Danube constituait, en effet, au ier siècle après J.-C., la limite septentrionale de l'Empire romain, et la Basse-Autriche une marche frontière défendue contre les tribus g […]
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