Au tournant du xiiie siècle, plusieurs querelles éclatent entre le pape Boniface VIII et le roi de France Philippe IV le Bel. À propos de la levée d'une décime sur le clergé (1296) ou de la volonté du roi de juger un évêque, celui de Pamiers, Bernard Saisset (1301), le pape affirme la thèse de la supériorité du spirituel sur le temporel et la vocation du Saint-Siège à gouverner le monde (bulle Unam sanctam du 18 novembre 1302). À l'inverse, les légistes de l'entourage royal insistent sur l'indépendance du temporel par rapport au pape. Le roi obtient le soutien des prélats, des nobles et des bourgeois français, lors de diverses assemblées en 1302 et 1303. Boniface menaçant Philippe d'excommunication, le roi réplique en envoyant Guillaume de Nogaret porter au pape une citation à comparaître devant un concile pour illégitimité et hérésie. Nogaret est alors mêlé, peut-être sans le vouloir, à un assaut du clan romain des Colonna contre le pape, en séjour d'été à Anagni. Molesté, insulté, menacé de mort, Boniface VIII s'éteint le 11 octobre 1303. La traditionnelle alliance du pape et du roi de France vient de céder devant le principe gallican de la souvera […]
