Alexandre Guinzbourg fut l'un des plus célèbres dissidents soviétiques et joua un rôle majeur dans la définition des principes et des méthodes de cette dissidence. Né le 21 novembre 1936 à Moscou, il affirma très tôt son refus du conformisme : à treize ans, dans un pays qui prônait l'athéisme, il se fit baptiser ; à seize ans, alors que l'antisémitisme se déchaînait en U.R.S.S., il choisit d'être de nationalité juive, et non russe. En 1959, il créa Sintaxis, l'une des toutes premières revues diffusées en U.R.S.S. par le samizdat, c'est-à-dire par des canaux non officiels. Elle contenait essentiellement de la poésie et, en 1960, valut à son concepteur d'être condamné à deux ans de camp, même si le motif officiel était autre.
En 1966, deux écrivains, Andreï Siniavski et Iouli Daniel, furent jugés pour avoir publié des textes de fiction à l'étranger, sous pseudonymes. Alexandre Guinzbourg décida de regrouper dans un Livre blanc la transcription du procès, les articles de presse et les très nombreuses lettres et pétitions signées pour défendre les accusés. Après les notes prises au procès de Joseph Brodski, ce Livre blanc offrit un modèle et un style […]
