À l'École normale supérieure où il entre après son service militaire en 1894, Albert Mathiez se distingue par ses opinions « avancées » et il se proclame socialiste. C'est alors que se manifeste son caractère violent, accentué encore à la suite d'un accident survenu en 1896 où il perd l'œil gauche. C'est également à cette époque qu'il commence à se spécialiser dans l'histoire révolutionnaire. Il rédige un mémoire sur les journées des 5 et 6 octobre 1789 et Gabriel Monod, directeur de la Revue historique, le publie dans son périodique.
Alphonse Aulard, titulaire de la chaire d'histoire de la Révolution à la Sorbonne, l'oriente vers l'histoire religieuse de la révolution et lui demande de traiter La Théophilanthropie et le culte décadaire sous le Directoire, publié en 1904. Mathiez continue ses recherches sur l'histoire religieuse de la Révolution, particulièrement importante à une époque ou le gouvernement français rompait avec le Saint-Siège et établissait la séparation des Églises et de l'État.
Mais, en 1907, les recherches de Mathiez prennent une autre orientation : il s'intéresse à Robespierre, fonde avec quelques historiens et hommes politiques la Société des études robespierristes et publie une revue, les Annales révolutionnaires (devenues Annales historiques de la Révolution française en 1924). Cette revue allait concurrencer celle que dirigeait Aulard, La Révolution française. C'est aussitôt la brouille entre Aulard et Mathiez. Le premier apparaît désormais comme le défenseur de Danton, le second comme le champion de Robespierre. Jusqu'en 1919, la polémique entre les deux historiens se cristallise autour de ce thème. Mathiez avait été nommé, en novembre 1911, professeur à la faculté des lettres de Besançon. Il la quitta pour celle de Dijon en novembre 1919. Sous l'influence de la guerre, et sans doute aussi après avoir lu l'Histoire socialiste de la Révolution française de Jaurès, il modifie sensiblement ses conceptions historiques et s'intéresse de plus en plus à l'histoire économique e […]
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