Fils de Victor de Broglie, qui fut président du Conseil sous Louis-Philippe, Albert de Broglie est monarchiste par tradition ; son action politique répond parfaitement à cette définition : « L'orléanisme, ce n'est pas un parti, c'est un état d'esprit. » Il entre dans la diplomatie, puis démissionne en 1848 et vit retiré sur ses terres sous le second Empire. Il est, de 1871 à 1876, représentant de l'Eure à l'Assemblée nationale. Ambassadeur à Londres de 1871 à 1872, il doit abandonner le poste à la suite de critiques relatives à la négociation d'un traité de commerce avec l'Angleterre ; il devient alors le chef de la majorité opposée à Thiers. Il est l'instigateur de la loi du 13 mars 1873, appelée « Constitution de Broglie » (la monarchie sans le roi), instituée contre les interventions personnelles de Thiers ; son art et sa faiblesse seront de conduire une coalition qui élit, en mai 1874, le maréchal Mac-Mahon à la présidence de la République. La restauration monarchique se révélant impossible après le refus du comte de Chambord d'adopter le drapeau tricolore, la loi du 20 novembre 1873 fixe la durée du mandat présidentiel à sept ans. Depuis le 25 mai, il assumait la direction […]
