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AIR, élément

Stephen Hales

Anaximène (~ 556-~ 480), à la différence de Thalès, enseignait que toute substance provient de l'air (pneuma) par raréfaction et condensation ; dilaté à l'extrême, cet air devient feu ; comprimé, il se transforme en vent ; il produit des nuages, qui donnent de l'eau lorsqu'ils sont comprimés. Une compression plus forte de l'eau transforme celle-ci en terre, dont la forme la plus condensée est la pierre. Empédocle a considéré trois autres éléments comme fondamentaux : le feu, l'eau et la terre, et Platon a donné une interprétation géométrique des quatre éléments dans laquelle l'air est représenté par l'octaèdre régulier.

La théorie des quatre éléments a été transmise jusqu'au xviiie siècle par les philosophes et les alchimistes (tetrasomia) ; mais Jan Baptist Van Helmont (1577-1664), mi-chimiste, mi-alchimiste, est amené à considérer qu'il y a plusieurs espèces de « fluides élastiques », auxquels il a donné le nom de gaz (du mot flamand ghoast). Toute une « science des gaz » ou « pneumatique » s'est développée pendant le xviie siècle avec Torricelli (1608-1647), Pascal (1623-1662), Otto von Guericke (1602-1686), R. Boyle (1627-1691), E. Mariotte (1620-1684) et d'autres. « On n'aurait jamais pensé à cet élément, écrit le célèbre chimiste Boerhaave, si l'on n'avait pas observé la résistance qu'il offre au mouvement des corps présentant un grand volume [...]. C'est donc un fluide résistant au mouvement, mais qu'il est difficile de connaître parfaitement, car, à cause de sa subtilité, il n'affecte que très peu nos organes. » L'air est donc considéré comme un fluide subtil contenant beaucoup de corpuscules d'espèces différentes et hétérogènes. Il semble même contenir de l'or ! Il pénètre les pores de tous les solides sans « se coaguler » avec eux ; il suffit de « détruire les prisons où il est retenu » pour qu'il en ressorte sans avoir subi aucun changement. Au milieu du xviiie siècle, Buffon écrivait encore : « Nous ignorons actuellement quelle est la figure des parties constituantes des corps ; l'eau, l'air, la terre […]

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ANAXIMÈNE DE MILET (~550 env.-env. ~480)

Écrit par :  Universalis

…  substance fondamentale du monde l'« infini ». Anaximène, lui-même élève d'Anaximandre, substitue le* mot aer (« air ») aux qualificatifs de ses prédécesseurs. Ses écrits ne survivent pas après la période hellénistique, mais il en reste cependant quelques bribes dans les ouvrages de ses successeurs. Leur interprétation prête donc souvent à… Lire la suite
CHIMIE - Histoire

Écrit par :  Élisabeth GORDONJacques GUILLERMERaymond MAUREL

Dans le chapitre " L'étude des gaz ou la chimie pneumatique"  : …  pas un gain pour la théorie moderne des éléments. Il pensait, comme le rappelle Lavoisier, que c'« était l'*air lui-même, celui de l'atmosphère, qui se combinait avec les corps, soit par l'opération de la végétation et de l'économie animale, soit par les opérations de l'art ». Pourtant, ses travaux de laboratoire aidèrent à franchir une étape… Lire la suite
ÉLÉMENTS THÉORIES DES

Écrit par :  René ALLEAU

Le pluriel latin elementa désignait, le plus souvent, les « quatre éléments » : le Feu, *l'Air, l'Eau et la Terre (cf. Sénèque, Naturales Quaestiones, III, 12 ; Cicéron, Academica, I, 26) et le singulier elementum, d'un usage bien plus rare, l'un des « quatre éléments » (cf. Pline, Naturalis Historia,… Lire la suite
IONIENS, philosophie

Écrit par :  Clémence RAMNOUX

Dans le chapitre "La nature des principes"  : …  malaisé de reconstituer la suite autrement que par comparaison avec les voisins ou les successeurs. *Anaximène a choisi l'Air. Ce souffle primordial est conçu comme à la fois divin, fécondant, et sans doute pensant. Telle une feuille flotte sur les vents de l'automne, ainsi la terre est emportée sur les courants de l'Air-Esprit. Nous sommes un peu… Lire la suite
LAVOISIER ANTOINE LAURENT (1743-1794)

Écrit par :  Arthur BIREMBAUT

Dans le chapitre "Les grands travaux scientifiques"  : …  l'acide spathique et de l'acide citrique. Son attention ayant été attirée en 1772 sur les nouveaux *« airs » découverts par Joseph Priestley, il décida d'étudier ces « airs » et les phénomènes de la combustion. Commençant par répéter les expériences de ses prédécesseurs, il fut dès l'abord frappé par l'augmentation du poids des métaux par la… Lire la suite

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