2. Aspects culturels
À ces données anthropologiques s'ajoutent des données linguistiques. La langue aïnoue comporte en effet des éléments malayo-polynésiens que les éléments altaïques propres à la Sibérie n'ont pu faire disparaître. Des considérations archéologiques et ethnographiques rendent aussi compte de ce caractère mixte de l'Aïnou : le culte du crâne et celui du serpent, l'arc de type indonésien, le tissage de fibres végétales sont autant de témoins d'une liaison avec les civilisations des archipels du Sud. Même la fête de l'ours, qui évoque aujourd'hui la Sibérie – mais qui au IIe millénaire avant notre ère existait chez les Shang, venus eux-mêmes de Mandchourie en Chine –, répond à d'autres idées totémiques plus méridionales, telles celles de l'ours himalayen ou du tigre. Enfin, l'instrument de musique utilisé lors des fêtes, un tambour que frappent les femmes, est d'un type répandu plus particulièrement aux Philippines. L'analyse des différentes données conduit donc à admettre qu'une des composantes de la population japonaise est venue du Sud et qu'elle a produit entre autres, par suite du métissage avec les Nordiques, le type aïnoue. Celui-ci aurait été ensuite peu à peu évincé par un nouveau croisement de cette même branche méridionale avec des éléments sino-mongols ou bien un éventuel Proto-Japonais dont nous ne connaissons aucun témoin pour l'instant. Il faut en tout cas rejeter le vieux mythe qui fit des Aïnous les descendants de quelques chasseurs magdaléniens ou de quelques tribus venues du Caucase.
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