Premier président de l'Angola indépendant, Agostinho Neto est né dans le petit village de Chachicane, à environ 60 kilomètres de Luanda. Son père, pasteur méthodiste, appartenait déjà au groupe restreint des « assimilés ». À une époque où les élèves africains étaient très peu nombreux, Agostinho Neto a pu passer son baccalauréat au lycée de Luanda. Il travaille pendant quelques années comme infirmier dans les hôpitaux de Luanda, puis une bourse des missions protestantes lui permet de s'inscrire à la faculté de médecine de Lisbonne en 1947.
Mais déjà, depuis 1944, Neto est un des poètes les plus en vue d'Angola, où les jeunes intellectuels, qui ne disposent pas de structures politiques ni culturelles, essayent d'élaborer un programme spécifiquement angolais et de faire entendre la voix authentiquement angolaise.
Ils y parviennent en lançant dès 1948 le programme Redécouvrir l'Angola, c'est-à-dire renouer avec les conditions particulières de l'Angola en refusant toutes les pesanteurs du colonialisme portugais. Ce combat, Neto le poursuit au Portugal en adhérant au Parti communiste portugais, qui sera clandestin jusqu'en 1974, en appartenant ensuite, en tant que représentant des jeunesses colonisées, au comité central du M.U.D.-Juvenil (Mouvement d'unité démocratique-Jeunesse), mouvement sinon légal, tout au moins toléré par la dictature. Il appartient aussi et surtout au groupe des jeunes intellectuels africains d'expression portugaise qui se réunissent dans les cafés de la place du Chili à Lisbonne et dans la maison de la famille Espirito Santo, rue de l'Acteur Vale. Ces intellectuels – on y trouve, outre Neto, Amilcar Cabral, Eduardo Mondlane, Mario (Pinto) de Andrade, Marcelino dos Santos – donnent un vocabulaire politique radical à la protestation culturelle, préparant ainsi les actions militaires futures. Cette activité politique l'ayant mis trop en évidence, Agostinho Neto est incarcéré une première fois en 1951 pendant trois mois ; à nouveau arrêté en février 195 […]
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