4. Évolution des approches de l'art africain
Dès que les amateurs de curiosités exotiques, puis les artistes et les savants se furent intéressés aux productions nègres, ils éprouvèrent le besoin de les intégrer dans une classification qui les situerait par rapport aux expressions esthétiques occidentales et en expliquerait à la fois le sens et la forme.
• Les inventaires
Le répertoire pur et simple des collections anciennes a servi de cadre aux premières catégorisations des arts africains. Les pièces exotiques dont on ne connaît qu'approximativement la provenance sont encore, au xviiie siècle, des « objets de curiosité ». Au xixe siècle, c'est plutôt l'objet ethnographique que l'objet d'art proprement dit qui intéresse les savants. Les pièces, à leur arrivée en Occident, sont étudiées, répertoriées, classées comme des éléments matériels de la culture relevant des domaines de la religion, de la magie et plus généralement de l'initiation. La notion d'esthétique africaine (a fortiori celle de style régional ou tribal) n'est pas encore perçue en tant que telle. Les objets rituels sont les expressions barbares d'un art sauvage, considéré comme une forme primaire de la culture humaine.
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