Le 25 mars 1675, dans un couvent de Liège occupé par les troupes françaises, la marquise de Brinvilliers est arrêtée ; elle était recherchée, avec plus ou moins de zèle, depuis 1672. Cette année-là mourait à Paris un jeune officier, Godin de Sainte-Croix ; comme il était poursuivi pour dettes, la police inventorie ses affaires et découvre une cassette pleine de documents. Ceux-ci révèlent la liaison de l'officier avec la marquise, mais surtout une série d'empoisonnements perpétrés par le couple sur le père et sur les deux frères de la marquise afin de s'approprier le patrimoine, l'époux de la marquise n'ayant échappé au même sort que grâce aux infinies précautions qu'il prend. Entre les mains de Sainte-Croix, ces papiers, pour la plupart des lettres de la main même de la marquise, constituaient une arme redoutable. La cassette renferme également des fioles d'un poison à base d'arsenic auquel se mêlent, l'inculpée l'avouera plus tard, divers ingrédients tels que la bave de crapaud. La préparation va devenir célèbre sous le nom de poudre de succession.
Fille d'un conseiller d'État, la marquise de Brinvilliers appartient par la naissance comme par le mariage à la noblesse ; l […]
