Depuis l'ouverture du canal de Suez en 1869, la région de la mer Rouge attire toutes les convoitises. La Grande-Bretagne, implantée en Égypte, ambitionne de contrôler tout le bassin du Nil. Hostile à une présence française, elle s'appuie sur l'Italie qui s'installe à Massaoua dès 1885. De ce port sur la mer Rouge, les Italiens pénètrent en Éthiopie et poussent jusqu'à la rivière Mareb. En 1889, le nouveau roi éthiopien, Ménélik II, signe un traité avec l'Italie. Mais l'interprétation contradictoire de l'un de ses articles, présentant l'Éthiopie comme un protectorat italien, met le feu aux poudres. Au soir du 1er mars 1896, les troupes italiennes installées au Tigré (nord de l'Éthiopie) marchent contre des positions éthiopiennes. À Adoua, Ménélik triomphe face aux armées italiennes. Cette victoire affirme l'indépendance de l'Éthiopie, qui célèbre une unité retrouvée. Elle donne aussi un coup d'arrêt, jusqu'en 1935, à la conquête coloniale menée par l'Italie, qui obtient cependant la reconnaissance de sa colonie érythréenne. La Grande-Bretagne, quant à elle, se tourne vers le Soudan pour empêcher la création d'un empire français transafricain.
Photographie
Ménélik II Grâce à sa victoire sur les Italiens à Adoua le 1er mars 1896, l'empereur éthiopien Ménélik II parvient à se dégager de la tutelle européenne et étend sa domination sur les territoires voisins.
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Marie-Laure DERAT
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