Le 10 juillet 1976, des vapeurs toxiques de dioxine – précisément de 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-para-dioxine, cancérigène et tératogène même à faible dose – s'échappent d'un réacteur chimique produisant du chlorophénol de l'usine Icmesa (filiale de Givaudan), près de Milan (Italie). Ce produit, qui était présent comme impureté dans l'agent Orange utilisé comme défoliant par l'armée américaine lors de la guerre du Vietnam, est un composé polychloré chimiquement stable qui s'accumule tout au long de la chaîne alimentaire. Après l'accident, qui fit 20 blessés légers, près de 15 000 personnes ont été évacuées. Sur le site italien, des restrictions dues à la contamination du sol ont été imposées sur 1 800 hectares pendant six ans. Sur les 110 hectares les plus touchés, on a rasé toutes les constructions (735 personnes concernées) et installé un dépôt de 250 000 mètres cubes de terres contaminées. La dioxine ne disparaîtra définitivement que vers 2040. La société incriminée a versé 338 millions de francs pour financer ces travaux et indemniser les victimes.
Le 5 février 1980, le responsable de la production d'Icmesa a été assassiné par des terroristes de « Prima Linea ». En mai […]
