Les dioxines constituent une classe regroupant quelque 210 composés organiques polychlorés désignés sous le sigle général de PCDD (polychlorodibenzodioxines). Elles se forment par oxydation lors de la combustion incomplète de divers dérivés aromatiques chlorés, ou encore au cours de réactions secondaires lors de la synthèse de chlorophénols.
Les dioxines, chimiquement stables, donc non biodégradables, présentent un fort pouvoir contaminant pour les sols et les eaux. Elles possèdent toutes une toxicité aiguë : la dioxine la plus toxique, la tétrachlorodibenzodioxine (TCDD), est, par exemple, mortelle pour le chien à une concentration 600 fois plus faible que la strychnine. Elles sont de plus cancérogènes à des concentrations souvent inférieures à la partie par milliard (par exemple 1 mg/kg pour la TCDD).
La connaissance des problèmes écotoxicologiques liés à la pollution de l'environnement par les dioxines est apparue au cours de la guerre du Vietnam à la suite de l'usage de défoliants renfermant des résidus de ces substances. Ultérieurement a été observée une pollution diffuse par les PCDD liée à leur formation lors de combustions incomplètes de résidus renfermant des PCB et autres composés organochlorés ou lors de l'incinération de déchets d'origine urbaine ou industrielle.
C'est l'accident de Seveso (Italie), en 1976, dans une usine fabriquant du trichlorophénol, qui a focalisé l'attention du public sur les dioxines et a mis en évidence le potentiel de pollution de ces substances.
Les dioxines peuvent contaminer les chaînes alimentaires terrestres ou aquatiques et y produire des phénomènes de bioamplification, leur concentration augmentant dans les organismes au fur et à mesure que s'élève le rang de ces derniers dans la chaîne.
L'inquiétude de l'opinion publique vis-à-vis des dioxines a été ravivée à la fin des années 1990 en France, par leur découverte dans du lait ou des viandes destinées à la consommation humaine, résidus qui provenaient de rejets d'usines d'incinération. En 1999, l'affaire des « poulets à la dioxine » conduisit à interdire la commercialisation d'animaux domestiques (porcs, bovins, volailles) produits dans un grand nombre d'élevages industriels en Belgique, en France et dans d'autres pays européens. Aujourd'hui, le problème, persistant, tient au fait que les incinérateurs d'ordures présentent des rejets qui sont généralement au-dessus des normes admises par l'Union européenne, qui prescrit des concentrations en PCDD inférieures à 0,1 ng/m3.
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