Nous ne savons presque rien de la vie d'Abū Tammām, alors qu'il fut le commensal d'un calife. Grand classique, il s'attire cependant les foudres des maîtres de la critique médiévale qui tiennent son écriture pour le modèle de l'anti-poésie arabe. Ainsi, sa fortune doit autant à son talent, qui fut grand, qu'aux controverses théoriques qu'il provoqua.
Les rares sources qui parlent de Abū Tammām, al-Ḥabīb b.'Aws, le font naître en 804 ou 806 (188/190 de l'hégire) à Djāsim, petit village à quelques lieux de Damas. Sa famille aurait été d'origine byzantine. Son père, chrétien, se serait installé à Damas. Étrange ascendance pour un homme qui arabisa le nom paternel de Thadhus en 'Aws, se rattacha à la tribu des Ṭayyi', et devint un partisan acharné des Arabes du Sud. Abū Tammām semble avoir passé son enfance à Damas. Il se retrouve au Caire vers l'âge de dix-sept ans. Il gagne sa vie comme porteur d'eau à la grande mosquée dont il suit les cours durant cinq ou six années. Il écrivit son premier poème au Caire et le dédia à un obscur collecteur d'impôts qui ne lui en fut guère reconnaissant. Il est encore en Égypte v […]
