1er-21 août 1995France – Chine. Poursuite des critiques envers les essais nucléaires français et chinois

 

Le 1er, Paris publie pour la première fois la liste des deux cent quatre essais nucléaires effectués par la France dans le Sahara et en Polynésie depuis février 1960. Le même jour, le gouvernement français rappelle son ambassadeur en Australie, après l'annonce par Canberra de l'éviction du groupe Dassault Aviation d'un appel d'offres public. Paris évoque des mesures de rétorsion.

Le 1er également, le Forum régional de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (A.S.E.A.N.), qui regroupe dix-neuf participants, dont les sept membres de l'A.S.E.A.N., invite « les pays qui projettent de procéder à de nouveaux essais nucléaires [...] à [y] mettre immédiatement fin ». La France et la Chine sont implicitement visées.

Le 6, le cinquantième anniverssaire du premier largage de la bombe atomique sur une ville, Hiroshima, donne lieu, à travers le monde, à de nombreuses manifestations de protestation contre la poursuite des essais. Dans la ville martyre, le Premier ministre japonais Tomiichi Murayama appelle la France et la Chine à cesser leurs expériences.

Le 8, la prise de contrôle par l'assureur français Axa de National Mutual Life, deuxième société d'assurance-vie australienne et néo-zélandaise, prouve que cette crise diplomatique n'empiète pas sur le domaine des affaires.

Le 10, le représentant français à la Conférence de Genève sur le désarmement annonce que la France défendra le principe du renoncement à toute expérience — même de faible puissance — dans le cadre du traité sur l'interdiction des essais nucléaires qui doit être signé à l'automne de 1996. Canberra salue la position de la France, qu'elle qualifie d'avancée « très importante ».

Le 11, le président Bill Clinton annonce un revirement de la position américaine en se déclarant à son tour favorable à l'« option zéro ».

Le 15, six membres de l'association écologiste Greenpeace sont interpellés sur la place Tiananmen, où ils venaient de déployer une banderole hostile aux essais nucléaires. Ils sont expulsés le 16.

Le 16, un rapport de scientifiques australiens remis au Premier ministre Paul Keating ne juge « pas significatif » l'impact des essais effectués dans le Pacifique sur la population de cette zone. La presse néozélandaise rapporte que le Premier ministre Jim Bolger serait en possession d'un rapport similaire.

Le 17, la Chine annonce qu'elle a procédé à un nouvel essai nucléaire souterrain, le deuxième de l'année, sur le site de Lop Nor. Cette expérimentation suscite de vives critiques dans la région, notamment à Tōkyō. Le 22, Paris déplorera que les réactions de Canberra et de Wellington soient plus vigoureuses à l'égard des essais français qu'à l'égard des essais chinois.

Le 21, le gouvernement néo-zélandais saisit la Cour internationale de justice de La Haye afin d'obtenir l'interdiction de la campagne française d'essais nucléaires.

—  Universalis



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«  1er-21 août 1995 - France – Chine. Poursuite des critiques envers les essais nucléaires français et chinois », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/evenement/1er-21-aout-1995-france-chine-poursuite-des-critiques-envers-les-essais-nucleaires-francais-et-chinois/