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18-31 juillet 2018

France. Éclatement de l’affaire Benalla

Le 18, le quotidien Le Monde revient sur un épisode survenu le 1er mai à Paris, au cours duquel un homme en civil coiffé d’un casque de police s’en était pris violemment à un jeune homme à terre, sur la place de la Contrescarpe (Ve arrondissement), dans le cadre d’une opération de police visant un « apéro militant » organisé en marge de la manifestation syndicale. Une vidéo de l’incident avait été diffusée sur les réseaux sociaux. Le Monde révèle que l’homme est un chargé de mission auprès de la présidence de la République, Alexandre Benalla, adjoint au chef de cabinet du président Emmanuel Macron. L’Élysée précise qu’Alexandre Benalla, autorisé à accompagner les forces de police en tant qu’observateur le 1er mai, a été sanctionné par une mise à pied de quinze jours en raison de son « comportement manifestement inapproprié » lors de cette opération, puis muté à des fonctions administratives. En l’absence de réaction du chef de l’État, la révélation de l’affaire provoque les jours suivants un malaise dans les rangs de la majorité parlementaire et de très vives réactions de la part de l’opposition, à gauche comme à droite.

Le 19, le parquet du tribunal de Paris ordonne l’ouverture d’une enquête préliminaire. Des accusations de violences sont également portées contre Vincent Crase, un gendarme réserviste occasionnellement employé par La République en marche (LRM) et par l’Élysée, présent au côté d’Alexandre Benalla le 1er mai. Pour sa part, la commission des lois de l’Assemblée nationale décide de s’ériger en commission d’enquête sur le sujet – la commission des lois du Sénat fera de même le lendemain.

Le 20, l’Élysée annonce l’engagement d’une procédure de licenciement à l’encontre d’Alexandre Benalla qui est placé en garde à vue le même jour.

Le 22, la justice met en examen Alexandre Benalla pour « violences en réunion n’ayant pas entraîné d’incapacité », « immixtion dans l’exercice d’une fonction publique », « port public et sans droit d’insignes réglementés », « recel de détournement d’images issues de la vidéoprotection » et « recel de violation du secret professionnel ». Vincent Crase est également mis en examen pour les mêmes deux premiers chefs d’accusation, ainsi que pour « port prohibé d’arme de catégorie B ». Enfin, trois cadres de la Préfecture de police qui avaient transmis à Alexandre Benalla, à la demande de ce dernier, des enregistrements de vidéosurveillance des scènes survenues place de la Contrescarpe sont mis en examen pour détournement d’images issues de la vidéoprotection et violation du secret professionnel.

Le 22 également, le gouvernement décide de suspendre l’examen devant le Parlement du projet de révision constitutionnelle que dénonce l’ensemble de l’opposition parlementaire.

Le 23, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, auditionné devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, invoque la responsabilité de la Préfecture de police et de l’Élysée, tandis que le préfet de police Michel Delpuech se défausse sur la présidence de la République. Aucune autorité publique, informée des faits révélés par la vidéo, n’a saisi le procureur de la République comme l’exige l’article 40 du Code de procédure pénale.

Le 24, devant les parlementaires LRM réunis à l’occasion de la fin de la session parlementaire, le président Macron, s’exprimant pour la première fois sur l’affaire Benalla, estime que « ce qui s’est passé le 1er mai est grave, sérieux et a été pour [lui] une trahison ». Fustigeant « la République des fusibles », il déclare : « S’ils veulent un responsable, il est devant vous, qu’ils viennent le chercher ! »

Le 31, l’Assemblée nationale rejette les deux motions de censure du gouvernement d’Édouard Philippe au sujet de l’affaire Benalla déposées, l’une par Les Républicains, l’autre par le Parti socialiste, le Parti communiste et La France insoumise.

— Universalis

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