15-19 mars 2023

Suisse. Rachat de Credit Suisse par UBS.

Le 15, le premier actionnaire de la banque Credit Suisse Group AG, la Saudi National Bank, qui possède 9,9 % de son capital, indique qu’elle n’a « absolument pas » l’intention d’injecter davantage d’argent dans la banque. L’établissement saoudien s’était engagé à hauteur de 1,5 milliard de francs suisses dans l’augmentation de capital de 4 milliards décidée par Credit Suisse en octobre 2022. La deuxième banque suisse, dont l’image est ternie par divers scandales et plusieurs échecs financiers, a enregistré une perte de 7,3 milliards de francs suisses en 2022. La position de la Saudi National Bank fait encore chuter l’action de plus de 24 % en une journée. Dans un communiqué commun publié en fin de journée, l’Autorité fédérale de surveillance des marchés (Finma) et la Banque nationale suisse (BNS) indiquent qu’« en cas de besoin, la BNS mettra des liquidités à la disposition de Credit Suisse ».

Le 16, la BNS débloque un crédit de 50 milliards de francs suisses au profit de Credit Suisse. Le cours boursier de la banque remonte, avant de rechuter le lendemain.

Le 19, le président de la Confédération Alain Berset, s’exprimant aux côtés de la ministre des Finances Karin Keller-Sutter, du président de la BNS Thomas Jordan et des présidents d’UBS, Colm Kelleher, et de Credit Suisse, Alex Lehmann, annonce la reprise par UBS, pour 3 milliards de francs suisses, de Credit Suisse, qui est considéré comme « l’une des trente banques systémiques au niveau mondial ». « C’est une solution commerciale, pas un sauvetage », précise Karin Keller-Sutter. Le Conseil fédéral a recours au droit de nécessité inscrit dans la Constitution, qui lui permet, « lorsque la sauvegarde des intérêts du pays l’exige », d’adopter des ordonnances « en vue de parer à des troubles existants ou imminents menaçant gravement l’ordre public, la sécurité extérieure ou la sécurité intérieure ». La BNS met un crédit de 100 milliards de francs suisses à la disposition d’UBS. La chute de Credit Suisse affecte le cours des banques européennes, dont les valeurs avaient déjà fléchi à la suite de la faillite de la Silicon Valley Bank américaine quelques jours plus tôt.

— Universalis

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